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L’histoire des dreadlocks

dreadlocks

Depuis quelques années, ne serait-ce qu’à Madagascar, les dreadlocks sont devenues un phénomène de mode. Ce n’est plus la coiffure des rastafaris. De plus en plus d’artistes – masculins surtout – portent fièrement leurs mèches de cheveux emmêlées. Voici l’histoire des dreadlocks.

 

Ce qu’il faut savoir c’est que les dreadlocks sont un style de coiffure qui existe depuis des millénaires. On le trouve dans les 4 coins du monde : en Égypte, en Asie, en Europe, en Jamaïque…

 

La formation des dreadlocks

Les dreadlocks sont des mèches de cheveux qui s’emmêlent de manière naturelle. Les cheveux qui ne sont pas coiffés, coupés et brossés forment les dreadlocks en se tordant les uns avec les autres. Cette formation de cheveux entrelacés est ce qu’on appelle des dreadlocks, des « dreads », des « locks » ou encore des « jata ».

 

Les dreadlocks à travers le temps

 

dreadlocks egypte antique

Les dreadlocks existaient déjà depuis l’Antiquité Egyptienne.

L’Égypte antique

Des fouilles archéologiques ont démontré que les dreadlocks existaient déjà pendant l’Égypte antique. À cette époque, la famille royale et les hauts dignitaires politiques portaient des dreadlocks. Elles peuvent être naturelles ou sous forme de perruque. Dans les musées, on peut trouver des momies égyptiennes, des statues et des objets avec des dreadlocks.  

 

dreadlocks asie

En Inde, pour certaines religions, les dreadlocks sont sacrées.

L’Asie

C’est en Inde que les dreadlocks sont ancrées dans la culture à travers le védisme et les Sâdhu. Mais que ce soit en Inde ou en Chine, les dreadlocks ont été la coiffure de la noblesse et des dignitaires religieux. Elles ont été aussi portées par les chamans puisque les dreadlocks constituent une expression de leur croyance.

 

L’Europe

Les peuples germaniques, les Vikings, les Celtes et les Grecs portaient des dreadlocks. Ces récits historiques décrivaient les dreads comme des « cheveux comme des serpents ». Dans la mythologie viking, les cheveux peignés attireraient le malheur. C’est pour cela que ce peuple scandinave avait pour la plupart des dreadlocks.

 

dreadlocks guerrier masai

Un guerrier Masai avec des dreadlocks.

L’Afrique

On pourrait dire que les premières dreadlocks sont apparues en Afrique. De nombreux peuples ancestraux portaient en effet cette coiffure, à l’instar des Akan, des Masaïs, des Bantous, des Bono… Des prêtres éthiopiens avaient aussi ce style de coiffure qui a une grande signification spirituelle et raciale. Pour la plupart, les dreadlocks sont le symbole d’une grande fierté ethnique ou d’un rang social. Chez les Wolofs par exemple, seuls les rois et la classe guerrière avaient le droit d’avoir des dreadlocks.

 

À Madagascar

Madagascar n’est pas en reste pour ce qui est des dreadlocks. Selon la tradition orale, les dreadlocks sont appelées « randrambazimba » ou « tresses des vazimba ». Ces derniers sont les premiers peuples malgaches.

Certains hommes, pratiquant le culte des ancêtres ou qui sont habités par des « tromba », des « kalanoro » ou un « Dady be », portent généralement des dreadlocks. Cette coiffure leur permettrait de mieux communiquer avec ces esprits.

 

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dreadlocks samson

La force Samson résidait dans ses cheveux, plus précisément ses dreadlocks.

Les dreadlocks et la Bible

Certains personnages bibliques avaient aussi des dreadlocks comme coiffure. Dans l’Ancien Testament, Samson, personnage dont la force résidait dans ses cheveux, porterait des dreadlocks. Il s’agirait ici des 7 mèches coupées par Dalila. Dans la religion juive, ceux qui font un vœu de naziréat s’interdisent entre autres de se couper les cheveux qui deviennent des dreadlocks.

 

dreadlocks rastafari

Pour les Rastafaris, les dreadlocks symbolisent le lion de Juda.

Le mouvement Rastafari

Au XXe siècle, c’est le mouvement Rastafari et Bob Marley qui ont mis en avant les dreadlocks. Pour les « rastas », le port des dreadlocks est surtout spirituel, motivé par une croyance profonde. D’ailleurs, si on décortique le mot « dreadlocks », il y a le mot « dread » qui fait référence à la crainte de Dieu.

Le mouvement Rastafri se base sur les « saintes Écritures » issues des livres suivants :

  • Lévitique 19 : 27 : « Vous ne couperez point en rond les coins de votre chevelure, et tu ne raseras point les coins de ta barbe.»
  • Nombres 6 : 5 : « Pendant tout le temps de son naziréat, le rasoir ne passera point sur sa tête ; jusqu’à l’accomplissement des jours pour lesquels il s’est consacré à l’Éternel, il sera saint, il laissera croître librement ses cheveux.»
  • Lévitique 21 : 5 : « Les sacrificateurs ne se feront point de tonsure sur la tête, ils ne raseront point les coins de leur barbe et ils ne feront point d’incision dans leur chair.»

D’autre part, pour le mouvement Rastafari, les dreadlocks font référence au lion de Juda, l’emblème de la Tribu de Juda, mais qui est aussi l’animal représentant la royauté éthiopienne. Le lion de Juda symbolise le courage et la force. Il est également rattaché à Hailé Sélassié, le 1er empereur d’Éthiopie, un descendant du roi Salomon et de la reine de Saba.

 

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fy rasolofoniaina

Les dreadlocks se vulgarisent. Nombreux sont les artistes malgaches qui portent fièrement cette coiffure.

Dreadlocks : une coiffure qui évolue

Les dreadlocks ne sont plus la coiffure exclusive des rastas. C’est devenu une mode pour bon nombre d’hommes et de femmes. Dans les médias, on observe des artistes qui portent des dreadlocks, comme Lenny Kravitz, Lauryn Hill, Whoopy Goldberg… À Madagascar, on distingue Rossy, Mad Max ou encore Fy Rasolofoniaina.

En somme, les dreadlocks sont devenues un véritable phénomène qu’elles ont été adoptées par des personnes qui ne sont pas forcément des rastafaris. Nous vivons actuellement dans la laïcisation des dreadlocks au grand dam des rastas qui s’indigent de cette vulgarisation de leur coiffure symbolique.

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